Il y a un côté Méliès chez Christophe Wild, artiste, poète et improbable bricoleur...
A l'heure où la 3D s'affiche partout avec des effets souvent répétitifs et standardisés, Wild, lui, continue de préfèrer le système D tout court, qu'il applique non sans malice à la photographie... Pour commencer, il réalise un story-board détaillé de son projet, anticipe les difficultés techniques et les façons de les contourner. Puis il mixe des techniques traditionnelles et numériques - photo en lumière naturelle ou en studio, maquette en volume, illustration 2D, matte painting - en s'efforçant de les rendre indiscernables dans le résultat final...
Son expérience de roughman dans la pub, son passage dans l'univers du jeu vidéo chez Cryo et ses collaborations avec Seb Janiak, entre autres, lui ont appris à lâcher la bride à l'imaginaire à l'intérieur d'un cadre rigoureux, à s'appuyer sur les contraintes plutôt que de les subir. Amateur de SF des années 50, Christophe Wild met aujourd'hui la dernière main à deux projets de « photo-bd » bourrées d'ambiances noires, de folles machines à vapeur et d'architecture victorienne... Mais qui sait ce qui sortira demain du chapeau de ce diable de magicien ?